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  • voiraudelahypnose

Ma réflexion sur "La Servante Écarlate" et la pandémie : Le Consentement et la Liberté

Dernière mise à jour : 28 oct. 2023

Cet article existe en audio pour l'écouter c'est ici: https://www.youtube.com/watch?v=N2IICd-A5Xs


J’ai l’occasion quelques années après sa sortie de regarder la série: La servante écarlate , je n’ai malheureusement pas lu le livre de Margaret Atwood, une femme dont la vie et les idées m’avaient interpellées pourtant. La série est parait il plutôt fidèle à la dystopie de l’auteur mais il faudrait s’arrêter à la saison 1, ce qui me semble plus pertinent pour la force du message et je m’en expliquerai plus avant. La servante écarlate et la pandémie présentent une même dynamique.

La Croyance en la Nécessité de Sauver l'Humanité


Cette série est éminemment féministe, d’ailleurs des mouvements féministes américains s’en sont emparés pour manifester contre Trump, pour ma part j’y vois quelque chose de plus vaste qui va au-delà et qui englobe la condition de la femme, j’y vois les deux raisons pour lesquelles nous consentons à renoncer à notre Liberté ou plus exactement à nous libérer, hommes et femmes, j’y vois la croyance sans cesse renouvelée et sous toutes les formes que nous devons en premier lieu sauver l’humanité et enfin sauver la planète !

En partant de ce postulat alors tous les dogmes religieux, spirituels, scientifiques, écologiques, économiques sont par principe justifiés et acceptés et nous ne faisons que nous jeter dans les bras de l’un pour nous opposer à un autre.

Dans la série la nouvelle nation Gilead qui a pris la place des États Unis se targue d’agir dans un souci écologique et brandit ses bons résultats, ils justifient aussi leur politique et système de servantes car il faut sauver l’humanité à tout prix par la natalité.

Dès le début de la série, alors que l’héroïne, son mari et sa fille tentent de quitter ce nouveau pays dans lequel les privations de libertés sont décidées et appliquées du jour au lendemain, un petit frisson parcourt ma colonne faisant écho à des évènements récents.

Dans un flash je revis le premier confinement, partie me réfugier avec ma fille chez ma mère à la campagne dans la précipitation avant de ne plus pouvoir changer de département, comme si nous étions en danger imminent ! Je revis mon inquiétude pour mon plus jeune fils resté en ile de France, privé de sa fin de lycée du passage de son bac, il a 17 ans, il déprime, j’ai son professeur au téléphone il ne se connecte plus, il ne rend pas les travaux demandés, lorsque je parle avec lui il me dit qu’il ne voit pas l’intérêt de faire semblant, il est en section artistique, ce qu’on lui demande de faire n’a aucun sens à distance et il ne sait pas faire semblant. Je le sens très déprimé, il sort la nuit, il marche dans la nuit pour éviter la gestapo comme je les appelais à l'époque, je lui dis que je peux venir le chercher peu importe si je me fais arrêter…mais quelle folie….


Le Consentement et la Liberté Personnelle


Mais qu’avons-nous accepté, à quoi ai-je consenti ? et pour quelle raison exactement ?

Cela s’est passé comme dans la série ou Gilead instaure des règles du jour au lendemain et comme dans la série vous remarquerez que le motif qu’on nous a servi était de sauver l’humanité. Et nous avons laissé nos proches mourir seuls et sans funérailles et tout semble déjà oublié...pour quel grand danger ? La varicelle est beaucoup plus contagieuse que le covid et provoque de très nombreux décès et complications et nous vivons avec chaque année, certains pays ont fait le choix du vaccin qui existe pour cette maladie tout en laissant le choix et sans emprisonner personne.


Injonctions Contradictoires et Divisions

S’en suivront les injonctions contradictoires pour brouiller les cerveaux, mécanismes très connus des manipulateurs et comme dans la série les gens se divisent, se méfient les uns des autres, se surveillent prêts à se dénoncer.

Je me vois obligée de remplir une attestation sur mon téléphone à chaque sortie de mon chien, à braver l’interdit et dépasser le kilomètre autorisé pour pousser jusqu’au bois.

Puis finalement être autorisé à travailler avec le masque toute la journée, bâillonnée comme le sont les femmes de la série, avec attestation pour se rendre au travail et couvre feu a 18h, 19h, 21h…

L’obligation de porter le masque à l’extérieur, je me souviens de l'avoir baissé pour respirer au bois de Vincennes et m’être faite insulter par des baby boomer retraités qui n’avaient qu’à sortir a une autre heure s’ils avaient si peur !

Cette série a été difficile à regarder pour certaines et certains, elle semblait effrayante mais lointaine de notre vie, de nous, pourtant c’est là, quelques années après c’est déjà là, cette série remonte à 2017 et le roman est écrit en 1984, Margaret Atwood le disait bien elle n’a absolument rien inventé elle n’a eu qu'à piocher dans les différentes sociétés humaines existantes.

Abordons le sujet le plus évident de la série : a qui appartient l’utérus de la femme ? a quoi réduit on la femme ?

Les événements récents aux États-Unis en donnent un petit aperçu.

Sous prétexte de sauver l’humanité et sous couvert de dogmes religieux déjà bien ancrés, le ventre de la femme est réquisitionné dans la série.


La Puissance de ne pas Consentir


Avant d’en arriver là et nous n’en sommes pas loin, il est peut être intéressant de se demander homme ou femme : pourquoi faisons nous des enfants ?

Peut-on imaginer à travers le monde, concernant l’humanité entière, que la conception d’un enfant ne puisse être que purement et simplement le résultat de deux êtres qui s’aiment, absolument dépourvus de toute autre intention et dans l’acceptation de ce que le corps peut ou ne peut pas.

Mais c’est évident me direz vous, bien sur que la conception d’un enfant est le fruit de l’amour (je ne traite pas ici des viols) et puis cette question est une question de gens riches, de pays riches….vraiment ?…. je ne pense pas que cela soit une question de richesse mais plutôt de servitude….élargissons notre regard hors de France mais sans oublier de s’inclure, demandons nous ce qui se cache derrière le désir d’enfant, ne serait ce pas :

-L’injonction divine par le biais de la religion sous la pression sociétale et familiale

- Transmettre ses biens matériels auxquels les humains sont tant attachés et en passant surtout jusqu’à l’arrivée d’un garçon

- Obtenir un statut, une reconnaissance au sein de la société, de la famille

-Sauver son couple qui va mal, retenir son conjoint, se l’attacher

-La peur de vieillir seul donc l’attente d’un retour de soin, d’attention, d’amour

-Se prouver qu’on peut faire mieux que ses parents

-Céder à la demande répétée des parents qui souhaitent être grands parents et gagner une certaine importance dans la famille

-Ne se sentir reconnu en tant que femme que s’il y a maternité, jusqu’à faire souffrir son corps infertile parfois jusqu’à la mort pour donner la vie à tout prix

- Créer un objet d’amour parce que nous estimons avoir trop d’amour à donner, jusqu’à louer le ventre d’une autre femme (comme dans la série qui insiste sur les séquelles désastreuses pour la mère et l’enfant)

-Et enfoui derrière tout cela, très profondément qu’il faut sauver l’humanité.

Je crois que la série peut aussi nous pousser a comprendre le questionnement de l’homme sur le pouvoir absolu qu’a la femme puisque détentrice de la matrice, mais s’il n’y a plus d’humanité à sauver… de karma à racheter, ni de Dieu a servir alors l’homme reprend sa place dans le miracle de la vie qui n’a pas lieu sans lui, car débarrassé de toutes les autres intentions, alors la femme ne peut rien sans l’homme mais avec l’homme dans la réconciliation parce que cette séparation est une illusion crée par toutes ces croyances.


Pourquoi la série aurait elle du se terminer à la saison 1 comme le roman, parce qu’au fil des saisons, les personnages sont étoffés, ils subissent de plus en plus de sévices, de tortures, de viols pour nous conduire à nourrir la vengeance et ainsi nous ramener dans le triangle de Karpman, passant de la victime, au sauveur puis au persécuteur, ces trois états dans lesquels nous évoluons au fil de notre vie, nous empêchant de nous libérer, cette liberté pleine et entière qui est la nôtre.

Faut il attendre d’aller au fond du trou, de subir le pire, de se trouver dans un état comme Gilead pour agir. Je ne pense pas, certains humains sont déjà dans ce type de pays et de servitude, il devient donc très difficile de s’en sortir et c’est sur cela que se termine le roman.



La série quant à elle prône la révolte et encense une héroïne, oui comme dans tous les films, nous vibrons pour le héro qui de ce fait laisse penser qu’il faut être hors norme et qui nous maintient dans un rôle passif , une victimisation, ne nous permettant pas de voir notre pouvoir qui est de ne pas consentir… à chaque fois que cela est possible dans notre vie… et ce pouvoir est bien plus fort et porteur que de brandir une banderole ou de partir en guerre, c’est un pouvoir qui existe avant d’en arriver à la privation de liberté. Ne pas consentir dans son propre foyer à des situations qui ne respectent pas nos valeurs intrinsèques, ne pas consentir à accepter un diner de travail avec son supérieur alors qu’il nous met mal à l'aise par certains de ses propos, ne pas accepter l’idée que cela ne peut se faire autrement, si on se respecte alors une porte se ferme mais une autre s’ouvre et si vous ne consentez pas et vos collègues non plus, il n’y a plus de prise.

Vous messieurs peut être vous questionner sur la puissance qui est la vôtre et qui n’a pas besoin de s’exercer à travers le pouvoir sur autrui ni sentimental ,ni familial, ni professionnel, ayez le courage a chaque fois que vous le pouvez de casser les codes qui vous sont imposés, que voulez vous vraiment ? Peut être prendre le temps d’aller à votre rencontre, de vous retrouver seul avec vous-même. Marcheuse et voyageuse solitaire, il m’arrive de croiser des femmes de mon âge seules aussi, mais jamais aucun homme…. Il y aurait tant et tant d’exemples à donner, à chacun d’observer dans sa propre vie et d’agir dès qu’il en a conscience.


Si les femmes souffrent dans cette série, il est clair que les hommes de Gilead ne sont pas heureux, ils sont prisonniers eux même de ce qu’ils ont conçu, aidés de femmes parfois mais ils n’aspirent véritablement à rien de tout cela.

De même, il n'est pas nécessaire de partir en révolte en utilisant les mêmes ressorts parce qu’il y aurait une planète à sauver, sauvons nous nous même chaque jour, tout le reste rentrera dans l’ordre.





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